Sûreté nucléaire en Auvergne-Rhône-Alpes : un bon niveau en 2016 mais des disparités

Sûreté nucléaire en Auvergne-Rhône-Alpes : un bon niveau en 2016 mais des disparités

Le traditionnel rapport annuel sur le sujet a été dévoilé ce mercredi.

"Au regard des 318 inspections qu’elle a réalisées en 2016, l’ASN considère que la sûreté nucléaire et la radioprotection en région Auvergne-Rhône-Alpes se maintiennent à bon niveau. Toutefois, l’ASN demeure particulièrement vigilante à la qualité de l’exploitation des installations, notamment en ce qui concerne la rigueur, la culture de la sûreté et maintien des compétences", résume le gendarme du nucléaire.

 

 

Des disparités sont cependant à noter dans la région. Si la centrale de Saint-Alban garde une bonne appréciation générale, celle du Tricastin fait de même pour 2016. "L’ASN constate toutefois depuis le début de l’année 2017 des faiblesses dans la conduite des installations" avec au bout l’engagement d’une opération de contrôle renforcé du 15 septembre au 31 décembre.

 

 

Concernant la centrale nucléaire du Bugey, située à une quarantaine de kilomètres de Lyon, ses performances sont en léger retrait. Les premiers mois de 2017 ont également été chargés avec le redémarrage du réacteur 5 après 22 mois d’arrêt liés à des défauts d’étanchéité de l’enceinte de confinement. Deux plans d’urgences interne ont également été déclenchés, dont l’un suite à un incendie en juin dernier sur une toiture. "La division de Lyon de l’ASN a pu constater qu’il y avait un nombre important de départs de feu qui sont significatifs dans la région. Elle a demandé aux exploitations de veiller à améliorer la prévention des activités à risque incendie", assure Marie Thomines, chef de la division lyonnaise de l’Autorité de sûreté nucléaire.

 

 

La centrale de Cruas dans la Drôme fait figure de mauvais élève avec des performances en retrait par rapport à l’appréciation générale portée sur EDF. En cause : plusieurs évènements sur des opérations réalisées sur les matériels assurant la fonction de sûreté de maîtrise des réactions nucléaires en chaîne.

 

"Les faiblesses qui ont été identifiées par l’ASN donnent lieu à des actions spécifiques puisque l’objectif est bien évidemment que les sites s’améliorent sur ces points-là", affirme Marie Thomines.

 

Dans le domaine médical, l’ASN estime que le niveau de radioprotection demeure "globalement satisfaisant" mais avec une vigilance particulière à porter en radiothérapie et en imagerie interventionnelle.  Une insuffisance des formations du personnel a également été constatée. "L’optimisation des doses délivrées aux patients et aux travailleurs doit être davantage développée", estime le gendarme du nucléaire.